Course cycliste, sport… d’entraide ?Il est assez fréquent, lors d’une course cycliste, de voir deux adversaires s’aider mutuellement. Ce paradoxe occasionne régulièrement l'étonnement du profane. Comment lui expliquer ce comportement que l’on ne rencontre, il est vrai, que dans ce genre de compétition ? C’est en observant les escadrilles d’oiseaux migrateurs évoluer dans le ciel, alignés en forme de V, que l’on peut mieux en comprendre la cause fondamentale. Le volatile placé en tête affronte le vent et fourni un effort bien supérieur aux suivants abrités dans son sillage. La fatigue venue, il se glisse vers l’arrière du groupe pour laisser la place à un autre. Et ainsi de suite, chacun participant à tour de rôle à l’effort général.
Si un coureur décide de s’échapper du groupe, il doit rouler encore plus vite, et cela jusqu’à la ligne d’arrivée (le but étant de gagner la course !). Seul, c’est quasiment mission impossible. Par contre à deux ou à plusieurs, l’aventure devient réalisable si l’entraide face au vent est parfaite. Bien entendu, l’idéal serait de le faire avec un ou plusieurs membres de son équipe. Mais le plus souvent c’est un adversaire vigilant qui "sautera" dans sa roue. Nos échappés, bien qu’adversaires, se retrouveront alors face à un objectif commun : aller plus vite que le peloton. Et la seule manière d’y arriver, c'est de... s’aider mutuellement ! Cependant à l’approche du but, en cas de réussite, ils devront se départager. L’entraide n’est alors plus de mise et c’est une lutte sans merci qui s’engage pour franchir la ligne d’arrivée en vainqueur. Comme nous l’avons vu, l’adversaire d’hier peut devenir l’allié d’aujourd’hui et inversement. Ce fait participe certainement à l’esprit de camaraderie et de respect de l’autre si particulier à ce sport. Roland Gabillon
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