![]() Les dangers de l’étéPériode des grandes randonnées et des longues sorties, époque des épreuves montagnardes, l’été serait-il aussi la saison de tous les dangers ? De nombreuses embûches guettent le cycliste : déshydratation, hyperthermie, coups de soleil, problèmes cutanés. Prenez vos précautions. La couche d'ozone, filtre salutaireLe soleil produit un gigantesque rayonnement électromagnétique, composé de rayons à grande énergie et d’autres à faible énergie. La couche d’ozone, sorte de bouclier naturel, arrête les plus dangereux de ces rayonnements qui, sans cela, seraient mortels. Il s’agit des rayons X, des rayons gamma et des ultraviolets C, dits UV courts. Ne parviennent alors jusqu’à la terre que les rayons infrarouges et les utraviolet A et B Les rayons infrarougesIls sont les rayons de la chaleur, responsables des coups de chaleur. Les ultraviolets A (UVA)Les ultraviolets A (dits UV longs, 320 à 400 nanomètres, proches de la lumière visible) traversent la couche cornée de la peau et atteignent en partie le derme. Ils stimulent la pigmentation de la peau et provoquent le bronzage. Cependant, ils entraînent un vieillissement accéléré de la peau et sont parfois responsables de cancers cutanés, Les ultraviolets B (UVB)Les ultraviolets B (dits UV moyens 280 à 320 nanomètres) sont, pour la plupart, arrêtés par la couche cornée de la peau. Ils sont responsables des coups de soleil. La dose d’UVB arrivant au niveau de la peau est maximale lorsque le soleil arrive à son zénith, par ciel clair sans nuages, et en altitude (la quantité d’UVB augmente de 4 % chaque fois que l’on s’élève de 300 à 400 mètres). Conséquences cutanéesLa pigmentation de la peau, appelée aussi « hâle du soir », apparaît quelques minutes après l’exposition au soleil sous l’effet des UVA, et disparaît en quelques heures. Les coups de soleil
Dans tous les cas, la zone cutanée brûlée doit être protégée du soleil, jusqu’à sa guérison. Les traitements utilisent des pommades pour calmer les démangeaisons (Olical, Borostyrol liquide, lait apaisant, Téperzcohuite en spray, Acidocort pommade,…), associées à de l’aspirine qui calme les douleurs. En cas de cloque, il faut appliquer un pansement avec une de ces pommades, en évitant de crever rapidement, ce qui exposerait à une infection. La préventionLa prévention passe bien évidemment par une exposition progressive de l’épiderme au soleil, afin d’augmenter la production de mélanine qui constitue ensuite une protection naturelle, et par l’application de crème anti-solaires sur les zones de peau exposées au soleil. Elles doivent avoir un indice de protection suffisant, et il ne faut pas oublier le dessus des oreilles, la nuque et le bout de nez !
Les dangers de la chaleur pour le sportif
La sueur, un régulateur thermiquePendant l’effort physique intense, l’énergie consommée se transforme à 20 % en énergie mécanique et à 80 % en chaleur. Pour refroidir la "machine", le procédé le plus efficace est l’évaporation de la sueur. Des mesures ont démontré que l’évaporation d’un litre de sueur permet d’évacuer une quantité de chaleur de 2 400 kilojoules ou 586 kilocalories. Importante perte d'eauEn ambiance chaude, on observe des productions de 1,6 à 1,8 litre de sueur par heure, quantités qui peuvent presque atteindre 4 litres par heure dans des conditions extrêmes. Une cyclosportive ou une cyclo-montagnarde disputée sous la canicule peut provoquer des pertes de sueur, donc en eau, de plus d’une dizaine de litres ! Favoriser l'évaporation de la sueurLa sécheresse de l’air, le vent, l’air déplacé par la vitesse du cycliste facilitent l’évaporation de la transpiration et assurent une bonne thermorégulation. Au contraire, une atmosphère humide, le vent dans le dos, une faible vitesse, comme lorsqu’on gravit un col, nuisent à l’évaporation de la sueur. Or c’est cette évaporation qui assure la baisse de la température corporelle, alors que le ruissellement de la sueur sur la peau ne permet pas cette régulation. Le feu aux pieds![]() L’échauffement de la plante des pieds produit une sensation de brûlure qui devient intolérable au fil des kilomètres. Chez le cyclise en action, seul la partie avant du pied est en appui. L’impulsion exercée à chaque coup de pédale n’est pas suffisamment efficace pour effectuer une chasse sanguine correcte vers le haut. Le sang a tendance à stagner dans le réseau veineux de la plante du pied. En été, la chaleur dilatant les vaisseaux sanguins, la quantité de sang stagnant au niveau du pied se trouve encore augmentée. La prévention passe par un bon équipementPour y remédier, le cycliste choisira des chaussures bien dimensionnées. Le pied devra être à son aise dans la chaussure, bien maintenu mais pas bloqué. Pour combattre les effets néfastes de la chaleur, elles seront également bien aérées. L’ajout d’une semelle absorbant la transpiration peut s’avérer utile en cas d’hypersudation. Il convient aussi d’éliminer toutes les causes de friction, et tout ce qui peut entraver la circulation veineuse de retour. L’élastique des chaussettes ne doit pas trop comprimer la jambe, de même que le bas du cuissard. ... et un bon entretienLes pieds bénéficieront des pommades anti-transpiration, anti-échauffements (Nok crème des laboratioires Asepta, ou crème Pédi Relax des laboratoires Ducray) ou même anesthésiques, à condition de pouvoir renouveler leur application au bout d’une à deux heures. Une pulvérisation de froid sur la voûte plantaire à l’aide de sprays réfrigérants permettra un soulagement immédiat et durable. Il reste également la possibilité de s’arroser les pieds avec de l’eau fraîche. A lire : L'échauffement plantaire ou le feu au pied
Choisir les moments de son effortLa sagesse commande de choisir les heures les moins chaude de la journée pour aller rouler. Grimpez votre col favori le matin, à la fraîche, et redescendez en fin de matinée. Bien s'hydraterIl convient d’adapter les apports hydriques, surtout si vous ne pouvez éviter les heures les plus chaudes. A lire : Comment se préparer facilement une boisson pour l'effort ?
Après l’arrivéeBuvez en abondance de l’eau fortement minéralisée (Bichy, vernière, Badoit, etc…) pour compenser les pertes hydro-électrolytiques subies pendant le parcours. N’hésitez pas à vous asperger, à vous arroser, avec de l’eau bien fraîche, pour favoriser les mécanismes de refroidissement. La protection face aux rayons solairesUtilisez des produits solaires protégeant à la fois contre les UVA et les UVB, possédant un coefficient suffisant, supérieur à 15 si vous êtes blond, entre 8 et 15 pour les autres. Plus le coefficient est élevé, plus il arrête les rayons solaires. Si vous débutez votre exposition au soleil par une longue randonnée, n'hésitez pas à utiliser des écrans totaux, opagues aux radiations. Pensez à renouveler l'application toutes les 2 ou 3 heures, surtout en cas de forte transpiration. Après l'arrivée, appliquez une crème ou un lait hydratant. Si vous avez été victime d'une photosensibilisation au cours des années précédentes, utilisez un écran total. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin. Protégez-vous la tête et la nuque des rayons solaires. Adoptez un casque très aéré, et portez des lunettes solaires efficaces, ayant des verres homologès (marquage CE), présentant un indice de protection de 2 (luminosité moyennne) ou de 3 (forte luminosité). Au niveau des yeux, les rayons solaires endommagent le cristallin, provoquant son opacification progressive, ce qui accélère la survenue de la cataracte. Roland Gabillon |
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