Pollutoin de l'air PACA

Pollution de ville cycliste

Pollution : plein les poumons !

Si les pics de pollution sont plus fréquents en été, la concentration des industries et la circulation automobile font que, c’est finalement toute l’année, que beaucoup d’entre nous sont amenés à rouler en vélo dans un air pollué.

Les grandes villes comme Marseille, Toulon, Nice, Cannes atteignent des pics parfois dangereux. Même leurs petites sœurs, Draguignan ou Digne sont souvent mesurées avec des taux très proches, voire supérieurs comme Aix en Provence et Avignon (en 2007 toutes les stations du dispositif régional ont observé un dépassement du niveau moyen de 110 µg/m3/8h). Et si le pire s’observe dans les environs de Fos sur mer et Vitrolles (en 2007, la station de Vitrolles a totalisé 21 jours de dépassement du seuil de 180 µg/m3/1h), ne croyez pas que les bords de plage ou l'intérieur des terres de notre belle Provence, soient exempts de tous reproches.

Alors, dans ces conditions, pour le cycliste (ou tout autre sportif), est-il encore possible d'améliorer sa forme physique ?

Les effets de la pollution sur la santé

Les autorités médicales savent depuis longtemps que le nombre de cas d’infection des voies respiratoires, de bronchites, d’asthme et d’emphysème augmente avec le taux de pollution atmosphérique.

Lorsque ce dernier atteint des niveaux élevés, même les personnes en bonne santé peuvent ressentir certains malaises : bronchospasme, inconfort respiratoire, toux, essoufflement plus marqué, sensation d’étouffer, irritation des muqueuses du nez et de la gorge, augmentation de la production de mucus, étourdissements, nausée, aggravation de problèmes de santé respiratoire déjà présents, etc…

Il a été démontré que la probabilité de mourir du cancer du poumon ou de maladies du système cardio-pulmonaire était d’environ 25 % plus élevée chez les gens habitant dans une zone polluée.

Quand est-il des effets de la pollution sur le cycliste ?

Les méfaits de la pollution annulent-ils les effets bénéfiques de l’entraînement ? Vaut-il mieux se priver de s'entrainer ? Y a-t-il des précautions particulières à prendre lorsqu’on n’a d’autre choix que de rouler en air pollué ?

Les cyclistes qui s’entraînent régulièrement profitent généralement d’une meilleure aptitude aérobie, ce qui peut faire penser qu’ils sont moins sujets aux problèmes respiratoires associés à l’air pollué. Mais en réalité c'est le contraire : c'est justement parce qu’ils sont en meilleure condition physique que les "bons" cyclistes subissent de manière plus prononcée les effets négatifs de la pollution. A cela il y a trois raisons principales :

1 - Ils peuvent faire de l’exercice physique à une intensité plus élevée que les personnes en moins bonne condition et respirent donc un plus grand volume d’air lorsqu’ils s’entraînent à vélo (jusqu'à 15 fois plus qu’au repos),

2 - Cet air pénètre plus profondément dans les poumons,

3 - A haute intensité, ils respirent presque exclusivement par la bouche, ce qui les prive d’une première ligne de défense contre certains polluants : le nez !

S’adapte-t-on à l’air pollué ?

Il est vrai que les personnes vivant dans les grandes villes particulièrement polluées, finissent par être moins sensibles aux agents polluants.

Mais ce phénomène est du davantage à une perte de la sensibilité, conséquente du stress des voies respiratoires, qu’à une réelle adaptation fonctionnelle. Le système respiratoire ne s’adapte pas à la pollution.

  pollution ozone ville

Dans ces conditions que faut-il faire ?

Bien qu’il soit moins agréable de rouler lorsque l’air est pollué, je ne vous recommande pas de vous abstenir de vous entraîner, à moins que vous ne soyez atteint de problèmes respiratoires ou cardiaques chroniques. En effet, tous comptes faits, l’entraînement aérobie présente plus de bienfaits que l’air pollué ne provoque de méfaits.

Cependant, si vous avez le choix, mieux vaut effectuer vos sorties dans des endroits et à des moments où vous risquez moins d’être exposé aux polluants atmosphériques. L’idéal, c’est de rouler tôt le matin, avant que les véhicules n’aient envahi les voies de circulation. Evitez les périodes où le taux de pollution atteint des sommets, comme autour de midi et en début de soirée.

Si l’indice de pollution de l’air est particulièrement élevé (au dessus de 6 ; voir l'indice de votre ville) il peut être sage de s’entraîner à l’intérieur. Une séance de home-trainer ou de musculation pourra remplacer une sortie en plein "smog".

Roland G.

A lire :
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  Loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie  >>

Les polluants

Les polluants atmosphériques sont nombreux, invisibles, parfois incolores et souvent inodores. La liste de ceux qu’il faut redouter le plus est effrayante comme un cours de chimie : ozone (O3), monoxyde de carbone (CO), anhydride sulfureux (SO2), bioxyde d’azote (NO2), petites particules en suspension, etc…

L’ozone est particulièrement toxique pour les voies respiratoires. Contrairement à l’ozone stratosphérique (à 25 km d’altitude) constituant une couche qui protège la terre des rayons ultraviolets du soleil et sans qui la vie sur la planète ne serait pas possible, l’ozone à la surface de la terre est à redouter.
Résultant d’une réaction photochimique entre les gaz d’échappement des véhicules motorisés et la lumière solaire, l’ozone a un très grand pouvoir oxydant et peut provoquer des irritations oculaires et une inflammation temporaire des muqueuses des voies respiratoires. La respiration devient difficile parce que les bronches sont enflées, si bien que l’aptitude physique est réduite.
La diminution de la performance occasionnée par l’ozone n’est pas extrêmement grande, mais l’inconfort est marqué et persistant. Après avoir inspiré de l’air riche en ozone, les asthmatiques sont plus sensibles aux allergènes et risquent donc davantage de faire une crise d’asthme.
A noter que les effets négatifs de l’ozone varient beaucoup d’une personne à l’autre, mais dépendent surtout du temps d’exposition et du volume d’air respiré.

Le monoxyde de carbone provient de la combustion incomplète des combustibles et du carburant (véhicules automobiles, chaudières, etc…). On en trouve donc beaucoup dans l’air urbain d’où l’intérêt, du point de vue de la santé publique, de promouvoir l’utilisation de moyens de déplacement non polluants comme la bicyclette.
Contrairement aux autres polluants, il n’affecte pas directement les voies respiratoires. Il se combine avec l’hémoglobine du sang pour former la carboxyhémoglobine (HbCO) en prenant la place de l’oxygène, ce qui réduit l’oxygénation.
Au cours d’études scientifiques il a été démontré que les athlètes qui s’entraînaient à des heures où la circulation automobile était la plus dense, avaient un taux de HbCO trois fois plus élevé que la normale (comme les fumeurs). Cependant, même si la présence d’une très grande quantité de CO dans le sang peut être fatale, l’exposition à l’air pollué des villes ne s’accompagne pas d’une diminution extrême de la performance.

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