la Fracture du scaphoïde

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Les randonneurs ne sont pas les nains de la route

Cyclotouriste ou cyclosportif ? Cycliste de loisir ou coureur ? Entre eux, la différence ne réside pas uniquement dans la vitesse : la mentalité et les buts poursuivis ne sont pas les mêmes. Rares et remarquables sont celles et ceux capables de pratiquer, tour à tour, ces deux disciplines avec un égal bonheur.

Mais reconnaissons-le, le grand public est surtout admiratif devant les exploits des coureurs. Les cyclistes amateurs eux-même, n'ont souvent d'yeux que pour la performance pure et le record. Pourtant il ne faudrait surtout pas sous estimer les qualités sportives de tous bons randonneurs.

Les qualités sportives des randonneurs (ou cyclotouristes)

Tant qu'il s'agit de balades tranquilles sur des distances de 30 à 60 km, les problèmes d'entraînement et de préparation physique ne se posent guère. Tout le monde peut ainsi se délasser agréablement après une bonne semaine de travail au bureau ou à l'usine.

Mais dès que l'on s'attaque à des distances supérieures, même en roulant autour de 20 km/h avec de fréquents arrêts pour admirer le panorama et visiter les petites églises, soyez certain qu'une journée complète en plein air dans ces conditions commence à poser des problèmes d'accoutumance (pour éviter le terme "entraînement").

La difficulté s'accroît nettement pour les cyclotouristes – les purs – qui participent régulièrement à des randonnées de plusieurs centaines de kilomètres, voire de plusieurs jours en semi-itinérants (retour chaque soir au lieu de départ pour y passer la nuit) ou itinérants (par étape).

Spécificité du randonneur ou cyclotouriste

Une caractéristique remarquable du cyclotouriste digne de ce nom est l'autonomie (absence de voiture suiveuse). Ce qui l'oblige à transporter lui-même tout son matériel de "survie" grâce à un sac de guidon ou un sac à dos, voire des sacoches latérales pour de véritables voyages à vélo, augmentant dans certains cas le poids de leur machine de plusieurs dizaines de kg.

vélo de randonneur

Une bonne préparation est nécessaire

Qu'il s'agisse de randonnées mises sur pied à titre personnel ou de brevets organisés par un club, une visite médicale annuelle de sécurité s'impose. Il est également nécessaire de s'astreindre à une hygiène de vie minimum (moins stricte cependant que pour la compétition pure ou le cyclosport) et à une adaptation très progressive, mais obligatoire, aux longues distances.

Une suggestion aux organisateurs de certains brevets de longue distance (200 km et plus) serait d'exiger, lors de l'inscription, que chacun(e) prouve avoir déjà terminé (dans les délais) un brevet de 100 ou 150 km. Il nous arrive souvent de voir en queue de peloton, égarées dans la masse des milliers de cyclos, des personnes qui n'y ont manifestement pas leur place, grimpant à pied le premier col d'une longue série. Si une autorité médicale se livrait à une enquête pour savoir ce que sont devenues ces personnes dans les jours et les semaines qui ont suivi, elles comptabiliseraient sans nul doute de fâcheuses observations...

Le certificat médical établi en début d'année ne suffit plus. On ne peut que féliciter les organisateurs de la plus dure épreuves cyclotouriste, Paris-Brest-Paris (1200 km) qui exigent des futur(e)s participant(e)s de prendre part successivement (et avec succès) à des brevets de plus courte distance : 200, 300, 400 et 600 km l'année précédant l'épreuve et 200, 300, 400, 600 et 1000 km l'année de l'épreuve.

Des cyclistes à part entière

En conclusion, il est incontestable que les randonneurs et les randonneuses, n'ayant pas que le vélo pour préoccupation quotidienne, méritent le respect. Professionnels et amateurs de haut niveau ne sont plus les derniers de nos jours à saluer leur courage quand ils affrontent intempéries et reliefs ardus sur de très longues distances, sachant eux-mêmes, mieux que quiconque, ce que représente l'effort physique du vélo.

Roland Gabillon

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