Chronique cycliste
Cycle Sud Infos PACA Cyclisme en PACA
vélo en ville

Le vélo "libre service" en ville,
une nouvelle technologie au service des usagers

Simple, original, pratique, Cyclocity propose aux citadins un nouveau mode de déplacement «doux» et économique. Système complet de mobilité, il a conquis en moins d’un an une majorité de Lyonnais, avant de faire de même avec les utilisateurs d'autres grandes villes.

Les créateurs

Le créateur de Cyclocity c’est la société JCDecaux SA, numéro un de la communication extérieure en Europe, et son patron Jean Claude Decaux en personne, grand cycliste devant l’éternel ! « Je suis convaincu du grand retour de la bicyclette dans nos agglomérations confie-t-il. Moyen de déplacement agréable et non polluant, le vélo résout à lui seul les problèmes de pollution et d’embouteillages… ».

Le projet a démarré il y a quelques années dans les ateliers de la société francilienne, après une étude effectuée dans plusieurs agglomérations du nord de l’Europe, grandes utilisatrices de bicyclettes. « Considérant l’innovation comme un élément stratégique de notre développement, JC Decaux a toujours investi significativement dans la R et D » déclare Jean-Charles Decaux, Président du Directoire et co-directeur général de JCDecaux. « En proposant Cyclocity au Grand Lyon, qui devient ainsi la communauté urbaine dotée du plus grand nombre de vélos en libre-service au monde, nous avons inventé un nouveau concept, qui n’en doutons pas obtiendra un grand succès ! »

La rencontre avec la municipalité lyonnaise devait en effet être le déclencheur de l’aventure, voici un peu plus d’un an. « Pari risqué mais pari réussi, comme le rappelle Anthonin Darbon, directeur du Cyclocity Lyon, nous avions tablé sur 8 000 locations/jour, nous en sommes à 14 000 ces temps-ci malgré le froid ; à ce rythme, nous en prévoyons 30 000 en septembre prochain ! »

Le projet

« Un vrai coup de foudre ! Vélo’v, réseau permettant d'emprunter un vélo n'importe où dans la ville et de le déposer ailleurs, compte déjà plus de 15 000 abonnés au bout de 3 mois d’existence ! L'engouement se vérifie dans les rues où l'on croise en permanence ces engins reconnaissables à leur cadre épais, leur garde-boue rouge et leur panier sur le guidon ». Depuis son lancement le 19 mai 2005, la presse lyonnaise ne tarit pas d’éloges sur le phénomène Vélo’v ! Aujourd’hui ce sont quelques 3000 vélos conçus par la société JC Decaux, qui sont à la disposition des habitants du Grand Lyon.

D’utilisation simple et spontanée, Vélo’v est un système complet au service de la mobilité : il se compose de stations automatiques, de bornes d’accès, et bien sûr de cycles très élaborés. Chaque station, accessible 24 heures/24, fonctionne en libre-service. Une carte de paiement ou d’abonnement suffit pour utiliser Vélo’v.

Vélo’v facilite les déplacements urbains courts ; c’est un véritable complément des transports en commun, comme le montrent ses pics d’utilisation en semaine (8h à 9h, 12h à 14 h et 17h à 19h). «Il constitue une formidable incitation à l’usage des déplacements doux » se félicite Gérard Collomb, maire de Lyon.

Vélo’V : succès du vélo en libre service de Lyon

Mis en service depuis le 19 mai 2005, le parc de vélos en libre-service baptisés vélo’v augmentera dans les prochaines semaines. Les lyonnais disposeront alors de 4000 vélos répartis sur 340 stations à Lyon et Villeurbanne.

Avec une gratuité d’utilisation de 30 mn à 1 h. (ou pour une somme modique de conserver le vélo plus longtemps) offrant la liberté à chacun d'aller d’un point à un autre, le succès ne s'est pas fait attendre. On peut même dire qu'il dépasse tous les pronostics !

Le principe

Avec une gratuité d’utilisation de 30 minutes à 1 heure selon les modalités d’abonnement, chacun peut emprunter un vélo pour aller d’un point à un autre, voire le conserver un peu plus longtemps en échange d’une somme modique.
173 stations sont réparties à Lyon et Villeurbanne, principalement à proximité des gares et des transports en commun. Le plan d'implantation est conçu pour que l’on trouve une station Vélo’v tous les 300 mètres en moyenne, à moins de 5 minutes à pied l'une de l'autre.
Le service Vélo’v est accessible à toute personne âgée de plus de 14 ans, détentrice d’une assurance responsabilité civile et d’une carte Vélo’v. Différentes formules d’abonnement courte ou longue durée coexistent.

Le mode d’emploi

Pour emprunter un Vélo’v, il suffit de s’identifier dans l’une des stations en passant sa carte devant un lecteur optique. Puis de composer son code confidentiel et de sélectionner « prendre un vélo ».
On dispose alors de 45 secondes pour choisir son vélo en exerçant une action franche sur le frein ou sur le bouton du point d'attache. Pour signifier qu’il est prêt, le Vélo’v clignote et émet deux bips…Après utilisation, on le ramène dans n’importe quelle station du réseau.

Vélib' a franchi le cap
des 2 millions de locations en 39 jours

La ville de Paris et JCDecaux SA ont annoncé qu’entre 50.000 et 70.000 Vélib sont loués chaque jour en moyenne. Un record a été enregistré le samedi 4 août avec plus de 97.000 utilisations.

Actuellement, 83% des utilisateurs prennent des formules 1 ou 7 jours, et 17% ont souscrit des abonnements annuels.

Après plus d'un mois, 53.000 abonnements annuels ont été souscrits, la moitié des abonnés longue durée utilisant leur passe Navigo (carte à puce permettant de charger les abonnements de transports en commun parisiens).

Le déploiement de stations et de vélos se poursuit depuis le 15 juillet avec pour objectif 1000 stations courant septembre, "ce qui permettra de compléter le maillage et de mettre à disposition une station tous les 300 mètres d'ici la fin de l'année". Fin 2007, le nombre de stations (actuellement 800) doit passer à 1.451 avec 20.600 vélos.

Vélib' est un service lancé par la Ville de Paris et géré par SOMUPI (filiale de JCDecaux à 66% et de Médias et Régies Europe - groupe Publicis - à 34%). JCDecaux SA est numéro un mondial du vélo en libre service.

L’origine du projet

Fort de ses 8 brevets, Cyclocity s’est développé autour d’un concept simple : concilier en zone urbaine accessibilité, sécurité, liberté et écologie. Sa conception marie mécanique, design, hardware, et logiciels ; elle est le fruit du travail de plusieurs équipes intégrées du Groupe JCDecaux. Parmi les grandes étapes de l’histoire de Cyclocity, il est intéressant de retenir les dates suivantes:

- 1999 : lancement du projet dans le cadre de la Direction Industrielle de JC Decaux
- mai 2001 : dépôt du brevet fondateur du système.
- juin 2002 : lancement de la phase pilote sur le site de la Clé Saint-Pierre
- fin 2002 : lancement d’une 1ère génération de Cyclocity destinés aux projets de Vienne (Autriche), Gijon et Cordoba (Espagne)
- 2002/3 : dépôt d'un brevet pour une solution d'accès par carte bancaire sécurisée
- 1er semestre 2003 : industrialisation, production et mise en service de Vienne en mai 2003, Córdoba et Gijón en juin 2003
- 1er semestre 2004 : dépôt de 8 brevets concernant la sécurité de l’usager et du vélo
- 1er semestre 2005 : production de 2000 vélos, bornes, serveurs commerciaux, serveurs monétiques Notons que Cyclocity vient de recevoir le Janus de l’Industrie 2006 décerné par l’Institut Français du Design.

Note d'humeur...

Dans les grandes villes, on se met au vélo. Déjà Aix en Provence propose aux citadins un système de libre-service de location de bicyclettes, Marseille et certainement d'autres villes suivront.

Nous sommes évidemment très favorables à ces initiatives. Mais attention, ce mode de locomotion demande des règles de sécurité élémentaires. La première est de porter un casque. Un accident (si vite arrivé) peut avoir des conséquences tragiques en cas de traumatisme crânien. Et en ville, les risques de chute sont importants, avec le danger que la tête percute le rebord d'un trottoir, une aile de voiture ou tout simplement le sol.

Nous regrettons qu'aucune (ou si peu) campagne de communication sur le port du casque, accompagne l'arrivée de ces bicyclettes.

Note : La société JCDecaux ne fournit pas de casques avec ses vélos pour une compréhensible question d'hygiène.

Pour approfondir

« Je suis optimiste sur le développement de notre solution : à l’image du mobilier urbain, notre Cyclocity va, j’en suis convaincu, se généraliser en France ainsi qu’à l’étranger et offrir aux citadins un nouveau mode de déplacement en ville » renchérissait Jean-Charles Decaux, à l’occasion de l’inauguration de Velo’v. Il est vrai que certains jours, jusqu'à 6 500 de ces vélos sont utilisés pour se rendre au travail, au restaurant, au cinéma, au marché... Les employés chargés du réassort travaillent parfois jusqu'à minuit afin qu'il y ait toujours des vélos disponibles dans chacune des stations !

« Nous sommes passés très vite du phénomène de curiosité à un vrai mode de déplacement urbain et populaire », se réjouit Gilles Vesco, vice-président du Grand Lyon délégué aux nouvelles utilisations de l'espace public. « Vélo'v accompagne un changement culturel que l'on pourrait baptiser d'individualisme collectif. Chacun choisit de façon autonome sa destination, ses horaires et sa trajectoire, mais utilise un moyen de transport collectif en le respectant ».

Le succès du Vélo'v tient à sa grande simplicité d’utilisation et à son coût réduit. Seul hic pour l'instant : l'approvisionnement des stations peine à suivre : « il arrive trop souvent que certaines d'entre elles soient vides ou a contrario intégralement remplies, raconte un utilisateur ; parfois des pneus sont dégonflés ou crevés et le système de décrochage n’est pas encore fiable à 100%, mais bons dès qu’on est assis sur la selle, on oublie ces petits inconvénients... » Les dégradations posent en effet problème, mais d’après Anthonin Darbon, « on ne déplore que peu d’actes de vandalisme alors que c’est ce qu nous redoutions le plus ; peut-être parce que nos vélos sont marqués Grand Lyon et non JC Decaux ! En tout cas les seules casses importantes sont dues à un mauvais usage du vélo : coups de trottoir ou chocs divers »
L’entretien justement est réalisé sur site, au moyen de navettes équipées pour réparer les incidents les plus courants. La société vient par ailleurs d'engager un ingénieur chargé d'analyser les mouvements des stations et d'ajuster leur taille.

Chaque élément de Cyclocity a fait l’objet d’une réflexion particulière. Ainsi le vélo dispose-t-il d’un ordinateur de bord destiné à contrôler le bon fonctionnement des principaux organes et à faciliter la gestion de la flotte. « Constitué d’un microprocesseur 16 bits et d’une mémoire non volatile, il est alimenté par batterie rechargeable et connecté à la dynamo, aux feux avant et arrière, aux freins. Relié par radio au serveur principal, il permet d’effectuer un compte-rendu de l’état du vélo et de l’heure de son retour. Ce dialogue permanent offre une réactivité optimale et un parfait contrôle du parc. » ajoute Anthonin Darbon.

Cyclocity en chiffres :

- 2000 vélos et 175 stations
- de12 à 16 000 locations par jour
- de 12 à 15 utilisateurs par jour et par vélo
- une durée moyenne des trajets de 17 minutes
- une distance moyenne des trajets de 2,6 km
- 4 millions de kilomètres parcourus depuis le 19 mai, soit 10 fois la distance terre-lune.

Et demain ?

« Je reçois chaque semaine environ 2 visites de villes intéressées par notre expérience lyonnaise, confie Anthonin Darbon. Le vélo urbain devrait exploser dans les mois, les années à venir. D’autant que dans le cadre des PDE (Plans de Déplacement d’Entreprises), les sociétés commencent à réfléchir aux problématiques du trajet entreprise/domicile de leurs collaborateurs ». La Poste elle même vient de lancer un nouveau vélo pour ses facteurs, et pense au jour où les centres villes seront interdits à tout véhicule motorisé… Quant à Washington et Barcelone, leurs projets sont bien avancés.

D’autres expériences sont effectivement menées en Europe : à Cordoue, à Gijon, à Vienne, des cyclocity circulent depuis plusieurs années en donnant toute satisfaction à leurs utilisateurs. Grâce à la formule, les usagers se déplacent plus rapidement, participent activement à la protection de l'environnement en contribuant à réduire les émanations des gaz d'échappement …et maintiennent leur forme par un exercice physique quotidien. A bon entendeur...

(lire : Le vélo en libre service à Marseille)
(lire : le vélo en libre service à Aix en Provence)

location de vélo

Les 5 raisons d’agir

 

1 - Les centre villes sont de moins en moins accessibles ; simple, pratique, Cyclocity est la bonne alternative à l’automobile.

2 - La protection de l’environnement est un devoir pour tous ; Cyclocity est par définition le moyen de transport non polluant.

3 - Les Plans de Déplacement d’Entreprises entrent dans l’actualité ; Cyclocity est une réponse adaptée aux attentes des dirigeants comme des salariés.

4 - Avec ses stations automatiques et ses bornes d’accès, Cyclocity est un système complet mis au service de la mobilité.

5 - Les mentalités sont prêtes à l’idée « d'individualisme collectif », au concept de biens publics à la disposition de tous.

[ Retour ]

© 2009 Cycle Sud - Reproduction interdite