Au terme de 4 années d'exploitation, la ville d'Aix-en-Provence a décidé de mettre un terme aux 200 V'Hello mis en place par Decaux faute de rotations suffisantes.
Deuxième ville française à opter pour les vélos en libre-service, Aix-en-Provence se trouve dans l'obligation d'abandonner à brève échéance ce système qui n'a pas réussi à séduire un public régulier. Alors qu'en 2007, année du lancement, 33 300 locations avaient été enregistrées, il n'y en aura plus que 23 400 en 2010.
Un bilan accablant
Tirant les leçons du bilan accablant dressé par la Chambre régionale des Comptes* en février 2010, la municipalité vient donc de décider de résilier partiellement le contrat passé avec JCDecaux en août 2006.
Le contrat conclu pour 13 ans était le suivant : JCDecaux prenait en charge la fourniture, l'entretien et la gestion de 200 vélos et de 16 stations ainsi que l'installation de 500 abribus et autres panneaux d'information. En contrepartie, il empochait les recettes de l'affichage publicitaire et recevait de la ville une subvention annuelle de 817 000 € que cette dernière comptait récupérer en encaissant le produit des abonnements du dispositif : 25 euros par an ou 3 euros par semaine.
Mais les V'Hellos n'ont pas trouvé leur public et le service proposé aux Aixois ne s'est pas révélé rentable. Il occasionnait pour la ville d'Aix en Provence des pertes annuelles de 500.000 € !
Selon les données fournies par JC Decaux, le taux de rotation par jour et par vélo avait chuté de 0,81% à 0,47% entre juin 2009 et juin 2010. En clair, chaque vélo était utilisé moins d'une fois tous les deux jours !
Une opération mal étudiée
Très critiques, les magistrats financiers concluaient qu'une "meilleure analyse des besoins avec une mise en concurrence séparée du marché de mobilier urbain aurait sans doute permis de mettre en place un dispositif mieux adapté et moins coûteux".
Une rupture de contrat coûteuse ?
JC Decaux va évidemment demander un dédommagement puisque le contrat court encore sur neuf ans. Dans cette affaire, la Ville sera perdante quoiqu'il arrive... Decaux a pour lui un contrat solide signé en 2006.
Sur cette question, Mme Maryse Joissains-Masini, Maire d’Aix-en-Provence, s'est montrée très discrète. Elle a affirmé que la Ville entendait rechercher une solution à l'amiable mais qu'en cas d'échec, ce sera alors au tribunal administratif de trancher...
* A lire : Le fiasco des V'Hello d'Aix en Provence